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11 novembre 2008
14-18
Bonjour,
En ce jour de l'armistice de la Grande Guerre, celle de 14-18, ce sont des souvenirs de ma tendre enfance qui resurgissent immanquablement chaque année. En ces gris et tristes jours de novembre, mon grand-père paternel avait pris l'habitude de se rendre sur les lieux où sa jeunesse avait côtoyé l'horreur et la mort. Il aimait être accompagné par l'un ou l'autre de ses nombreux petits-enfants, pour ce pèlerinage qui s'effectuait en autobus et commençait bien avant l'aube pour se terminer tard dans la nuit.
Les poilus se retrouvaient avec beaucoup de plaisir et chaque nouvel arrêt du bus était l'occasion de retrouvailles chaleureuses et colorées. Les chose sérieuses commençaient à Domrémy-la-Pucelle avec un copieux petit-déjeuner. Puis s'enchaînaient les visites de lieux désormais célèbres : Verdun, Douaumont, le Chemin des Dames, la Tranchée des Baïonnettes... L'enfant que j'étais était toujours impressionné par ces fortifications, ces tranchées et ces trous d'obus qui défiguraient encore le paysage, un demi siècle après la bataille.
Ce qui m'a le plus marqué au cours de ces journées du souvenir, ce sont les dialogues entre ces hommes qui avaient connu l'une des guerres les plus meurtières qu'ait subi l'humanité : peu ou pas de commentaires sur les horreurs et atrocités quotidiennes dont ils avaient été les témoins ; peu ou pas de commentaires sur la guerre elle-même. Ce sont plutôt des faits anodins, souvent drôles, des anecdotes sur la vie quotidienne, des détails insignifiants qui ressurgissaient du fond de la mémoire de ces combattants, souvent marqués dans leurs chairs. Jusqu'aux histoires de cantinières qui survenaient généralement après un repas un peu trop arrosé.
Avec le temps, je retiens que l'homme a ceci d'extraordinaire qu'il sait survivre aux pires événements et qu'il est capable de garder au fond de sa mémoire les souvenirs nécessaires pour surmonter les conséquences d'une expérience aussi tragique et aussi traumatisante.
A+
BGR : MoDem du Pays Basque (64)
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Vivons la MoDem attitude :
être capable de dire oui quand les décisions sont justes, vont dans la bonne direction
être capable de dire non et de se battre quand elles menacent d'être injustes ou d'aller dans la mauvaise direction
Publié le 11 novembre 2008
à 18:30
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guerre
; armistice
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Beau billet.
Mon arrière-grand-père fut brancardier à Verdun. Ma grand-mère nous a toujours dit qu'il n'évoquait pas la boucherie, mais les trop rares moments de détente. Je le revois entouré de tirailleurs sénégalais sur de vieilles photos sépia. On a peine à imaginer la tragédie que ce fut.
Mon frère aîné fut lors de son service militaire affecté à Verdun où au début des années soixante-dix, il n'était pas rare de retrouver encore des ossements.
Est plus évocatrice cette petite anecdote familiale qui pourra dire les blessures de l'âme que ce conflit occasionna.
Nous avons dans ma famille depuis la première moitié du XIX° siècle une tradition de prénommer "Guillaume" les garçons de génération en génération. Mon arrière-grand-père d'ailleurs se prénommait Guillaume. Et bien, il s'opposa catégoriquement, m'a dit ma grand-mère à ce que mon père puisse porter le même prénom que le Kaiser. Mon père fut donc appelé Guy. Depuis les blessures de l'histoire se referment tout doucement... Et un de mes neveux s'appelle Guillaume.
Cette mémoire, nous la portons chevillée au plus profond de nous. N'oublions pas que la paix est le bien le plus précieux qui soit. Grâce à la construction européenne, notre partie de continent connaît enfin une paix durable.
@+
Ecrit par : Thierry P. | 12 novembre 2008
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