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30 juin 2008

Contribution de François Bayrou

Bonjour,

Chacun sait désormais que les adhérents du MoDem vont être consultés sur les grandes lignes de notre projet politique. Une première motion déposée par Eric Julliard a été sujette à quelques informations contradictoires. Selon une dernière dépêche de l'AFP, cette motion aurait finalement été déclarée non recevable par le Comité de conciliation et de contrôle du Mouvement Démocrate.

La seule contribution soumise aux adhérents et publiée sur le site officiel est celle de François Bayrou :

Un projet politique démocrate et indépendant

Chaque adhérent du Mouvement Démocrate sera contacté dans les prochains jours. Il devra voter par correspondance, en principe, avant le 10 juillet prochain. 

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Commentaires

Bonjour Bernard,
Il est rare que je prenne la parole sur ton site. Je suis cependant une de tes fidèles lecteur(rice)s, complètement admirative de ton travail. Nous apprenons beaucoup grâce à toi.

Aujourd'hui je voulais m'exprimer ici sur le «courant» généré par tous ceux qui ont utilisé le terme de «en mouvement» dans leur travail. Pour tout t’avouer, je suis mal à l'aise.
Avant même d'avoir lu le moindre écrit, je m’étais fait à l’époque (en décembre dernier seulement il me semble ) la réflexion toute bête que je n'aurais pas osé employer pour mon groupe de travail, de réflexion, le même mot que le tout jeune parti créé par François Bayrou. Pêle-mêle je me suis dit… que cela pouvait créer la confusion avec le site officiel, que cela était une façon de se faire remarquer du «chef», de se légitimer ou s'autoproclamer les meilleurs, voire usurper carrément l'identité des fondateurs.
Bref, au départ, cela ne m’a pas plu.

Ensuite j'ai essayé de lire et découvrir tout le travail accompli par «les adhérents en mouvement». J'ai été impressionnée par la qualité de la réflexion, la rigueur des arguments, les trouvailles quotidiennes de certains. Et puis il y a eu les élections du Conseil National. J'ai entrevu alors (je suis nouvelle en politique) un monde redoutable de lutte d'influence où tous les coups semblaient permis. Et surtout cette fameuse liste (qui se voulait carrément nationale !) «en mouvement» qui semblait vouloir imposer une pensée unique. J'ai été si déçue de cet acharnement si peu démocratique que cela m'a fait conclure à peu de tolérance.

Mais il faut reconnaître que ces gens «en mouvement» sont vraiment des travailleurs opiniâtres. Pour certains en tous les cas. J’ai admiré leur contribution au RI. Cependant trop longue, qui n’a pas semblé trouver grâce aux yeux de François Bayrou. (Des contributions, il y en eut beaucoup, plusieurs d’excellentes qualités.)

Et puis maintenant a lieu cette polémique autour de la consultation des adhérents. Curieusement cher Bernard, tu n’as pas foule de réponses, de commentaires. C’est que tes (nombreux, tu le sais) lecteurs en ont peut-être assez maintenant de ces revendications ?!

J’ai donc lu et relu les deux contributions et je me suis fait la réflexion encore une fois que seul François Bayrou «construit» véritablement et nous propose de beaux piliers pour un projet humaniste : des piliers stables, solides, de style démocratique, des piliers bâtis sur la base durable des pluralités.

La contribution d’Eric Julliard ne m’apparaît pas, elle, comme une véritable profession de foi, un engagement ! Pour moi cela ressemble plus à une récrimination, un véritable règlement… de compte. Dire d’emblée dans le titre : «construire un mouvement cohérent» est en fait un reproche non déguisé à François Bayrou, sur son management à l’intérieur de notre Parti. Confirmé par les paragraphes faisant référence aux contributions des adhérents que l’on «doit encourager et ne pas ignorer». Ces écrits-là ne sont pas acceptables dans une proposition telle que celle-ci. Il est tellement évident en effet que nous devons travailler en démocratie interne, que cela n’a absolument pas à être écrit ici. C’est suffisamment explicite dans les statuts et les chartes.

Non, la difficulté de la mise en place de la démocratie interne vient à mon avis des quelques (rares ?) personnes qui, entourant François Bayrou -de près ou de loin d’ailleurs- au lieu de le prémunir lui, chercheraient plutôt à sauvegarder leurs propres petits intérêts personnels. A ses dépends uniquement. L’étouffant presque. C’est contre ceux-là, contre les faux-démocrates éventuels, les opportunistes, qu’il faut lutter, pas contre François Bayrou lui-même. C’est en tout cas mon avis personnel.

Que Eric Julliard veuille me pardonner pour ce jugement assez abrupt, car cela n’enlève en rien mon admiration là aussi pour la qualité de son travail. Je crois qu’il se trompe vraiment de combat. Nous devons malheureusement être vigilants entre nous, dans notre entourage politique proche, dans le quotidien. C’est certainement le combat le moins exaltant qui soit. C’est celui de tous les Partis et nous n’y échappons pas.

Le texte que nous sommes appelés à signer concerne lui la cohésion d’un Mouvement, où les adhérents, les militants, signifient ensemble leur indépendance. Dans la consultation qu’il nous présente, François Bayrou a une réelle vision, quasiment concrète, de ce que va devenir la France avec ces idées-là. Les siennes uniquement, crois-tu ? En réalité ce sont bien les nôtres ! A nous tous ayant enfin découvert en lui l’an dernier -et avec quel soulagement- un brillant porte-parole. François Bayrou n’est vraiment pas le gourou décrit quelquefois comme tel, celui cherchant malhonnêtement à emprisonner dans une secte les ignares et les naïfs que nous serions soi-disant.

C’est l’homme ayant su exprimer avec clarté les convictions de la plupart des personnes en France. Leurs besoins, leurs attentes et leurs espoirs. Ce n’est pas plus compliqué que cela il me semble encore.

Nous voulons seulement dire aux autres Français que nous sommes membres d’un Parti politique indépendant avant tout, proposant un projet humaniste pour ce XXI° siècle. Quoi de plus limpide ?

Nous avons choisi notre porte-parole : François Bayrou. Et bien laissons-la lui, cette parole. Parole qu’il a si fluide et inspirée d’intelligence. Ayons enfin confiance en ses talents et ne venons pas nous compliquer la tâche par des querelles intestines. A moins que ce soit une cabale montée de toutes pièces par de «traîtres meneurs» ?! Non, je n’y crois absolument pas. La passion des certitudes (j’en suis !) peut parfois amener à des erreurs de priorités.

Or notre priorité ne serait-elle pas juste la Démocratie avec un grand « D » ? Non pas celle avec un petit « d » comme dénigrement.
Qu’en penses-tu ?

Amitiés démocrates à toi BGR.
Françoise Boulanger, le «Canard à l’Orange», Dax, le 1er juillet 2008

Ecrit par : Françoise Boulanger | 02 juillet 2008

Chère Françoise,

Tout doit vous être pardonné de ce que vous écrivez, car on n'y décèle aucune récrimination personnelle : vous exprimez un point de vue dénué d'affect, et c'est si rare.

Je ne suis pas en mesure de répondre ici dans le détail, car il faudrait sans doute des pages, à l'ensemble des réflexions que vous formulez. Juste quelques éléments :

Oui, nous sommes des travailleurs opiniâtres. Et c'est probablement l'une des choses qui agace certains. Je ne dis pas que nous avons forcément le talent pour convaincre, mais en tout cas, nous produisons du contenu qui nous semble à la fois intelligible et opportun. Nous ne pouvons que regretter le mauvais sort qui lui est fait. Avez-vous remarqué que beaucoup de nos contradicteurs n'émettent jamais aucune opinion sur le fond des sujets que nous soulevons, mais restent la plupart du temps à la surface des choses ou versent dans l'attaque personnelle ?

Je laisse à votre appréciation le contenu de ma contribution. Simplement, elle pose à la fois des éléments d'idéologie et des éléments de méthodologie. Sur la partie idéologique, je fais le minimum car il me semble que les choses ont déjà été dites et redites de mille manières depuis un an. J'ai juste cherché à proposer une façon nouvelle de "dire" les choses. Sur la méthodologie en revanche, il est vrai que je formule des exigences en référence à des dysfonctionnements, et je vous accorde bien volontiers que ce n'était peut-être pas le moment de les pointer ainsi.

Quant à la cohésion du Mouvement, qu'il serait nécessaire d'affirmer à travers une sorte de plébiscite, je n'y crois pas une seconde. Nous n'avons pas un problème de cohésion, nous avons des problèmes de disjonction. Disjonction entre les discours et les actes. Disjonction entre la représentation dans les instances et la réalité de la population des adhérents. Disjonction encore entre les aspirations des adhérents et les orientations de l'organisation. Bref, le problème est beaucoup plus profond, interne et sérieux qu'il n'y paraît. Ce ne sont pas les gesticulations de deux ou trois agités de l'UMP ou du Nouveau Centre qui posent problème, c'est ce qui se passe chez nous. Bien sûr, il est facile de désigner un ennemi extérieur pour détourner l'attention, mais cela ne me semble ni très sérieux, ni très raisonnable. En tout cas, cela ne sied pas à un parti qui se veut un parti de gouvernement.

Si la priorité est bien la démocratie avec un grand "D", alors nous devons non pas supplier, mais exiger une démocratie interne responsable, raisonnable et respectueuse. C'est tout de même le minimum il me semble. Tel est le sens de mon action.

Ecrit par : Eric JULLIARD | 05 juillet 2008

Le débat appaisé est la meilleure manière de construire la démocratie.

J'aimerais que les échanges que j'ai lu ces derniers jours dans la blogosphère MoDem aient toujours montré la même correction et le même respect mutuel que les commentaires précédents.

Sur le fond, je comprends et je partage les attentes d'Eric, de Françoise et des très nombreux militants qui veulent que le Mouvement Démocrate soit exemplaire par sa démocratie interne.

Sur la forme, je ne crois pas un instant que la solution consiste à "taper" sur François Bayrou qui nous a montré que sa conception du monde et des hommes est conforme à la plupart des aspirations de chacun.

Ce que j'ai le plus grand mal à supporter, encore plus que les dysfonctionnements de la démocratie interne, c'est le vide sidéral que je constate dans la vie interne du MoDem. Nous ne nous rencontrons pas ou si peu, nous ne travaillons pas, ou si peu.

Ce n'est évidemment pas de cette façon que nous changerons le monde...

Ecrit par : BGR | 05 juillet 2008

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