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13 juin 2008
Un Démocrate au Sénat (2/2)
Bonjour,
Comme promis, voici la seconde partie du billet de Thierry, consacré aux rendez-vous citoyens du Sénat sur l''Europe :
« EUROPÉENS, JUSQU’OÙ ET POURQUOI ? »
Jean-Hervé Lorenzi insiste sur le fait que, quoique l’on puisse en penser, l’élargissement a abouti à permettre un accroissement de l’activité économique. La croissance de l’Allemagne a été tirée vers le haut par l’apparition de nouveaux marchés à l’est.
L’économiste insiste sur les bouleversements que connaît actuellement le monde (crises financières et tensions sur les ressources).
L’Europe, première puissance économique mondiale doit-elle suivre l’OCDE et doit-elle créer des solutions qui lui soient propres sur tous les sujets. L’économiste poursuit son exposé en rappelant que l’OMC et le FMI sont des organismes fonctionnant sur un modèle à l’anglo-saxonne.
Monsieur Lorenzi réfute toute idée d’harmonisation fiscale et sociale européenne qui selon lui relève de l’utopie.
Benjamin Stora lorsqu’il prend la parole revient sur un des points qui a été évoqué en ouverture de ce débat. Le sentiment d’appartenance est selon lui un sentiment en creux dans la mesure où il est conditionné par le regard que porte l’autre à l’Europe. Les pays tiers voient l’Europe comme un eldorado (politique et économique, valeurs démocratiques).
Ensuite, l’historien insiste sur le fait que les frontières n’ont pas de sens en soi. L’histoire nous ayant prouvé que les frontières sont par nature mouvantes. De même les frontières politiques ont tendance à s’effacer. Reste le problème que pose le débat sur la prise en compte ou non des racines culturelles.
Monsieur Stora démontre que les Européens peuvent vivre mal l’idée européenne à travers des exemples récents (non aux référendums en France et aux Pays-Bas, grognes catégorielles, chauffeurs de taxis et marins-pêcheurs).
L’Europe doit pouvoir assurer un rôle important en matière de politique internationale. Benjamin estime ainsi qu’il est primordial de considérer l’espace du pourtour méditerranéen comme une des zones géopolitiques majeures au niveau mondial.
Benjamin Stora énumère ensuite une série de questions essentielles pour avancer plus en avant dans la construction européenne :
- Comment penser l’Europe ?
- Est-ce que l’Europe peut se définir par la politique ?
- Où penser l’Europe avec un centre de gravité méditerranéen où sont les racines historiques de l’Europe ?
- Faut-il une Europe élargie ou une Europe forte ?
Laurent Fabius rappelle que l’Europe que nous connaissons actuellement n’est plus celles des Pères fondateurs. La méthode de Jean Monnet des débuts où un cercle restreint de technocrates se réunissait dans une pièce suffisait pour inventer l’Europe est dépassée. Depuis les débuts les peuples ont manifesté une exigence de démocratie.
L’ancien ministre propose l’idée (NDR que je serai presque enclin à partager) de constituer des listes européennes de candidats pour l’élection des députés au Parlement européen.
Revenant sur le NON au référendum français, Laurent Fabius estime que les 55% de français qui ont rejeté le TECE (NDR Traité établissant une constitution européenne) n’ont pas voté contre l’idée même d’Europe mais contre une certaine idée d’une Europe trop libérale.
Pour en avoir parlé à ses amis chefs d’Etats et de gouvernements, Laurent Fabius nous livre une confidence. Tous les gouvernants (à l’exception de ceux du Luxembourg et d’Espagne) s’accordent à reconnaître que si le TECE avait été soumis au référendum dans leurs Etats, le non aussi l’aurait emporté.
Sur le problème des valeurs Laurent Fabius exprime son point de vue. Personnellement, il estime que les valeurs européennes ne répondent suffisamment pas aux attentes des citoyens. Il illustre cette théorie en citant la gestion de l’euro.
Laurent Fabius oriente ensuite son intervention sur le problème de la souveraineté européenne. Si les souverainetés nationales ont tendance à s’estomper, en revanche, on n’assiste pas pour autant à un renforcement de ce qui pourrait être une souveraineté européenne. L’ancien Premier ministre est contre une Europe du libre-échange, mais s’interroge sur l’idée d’une Europe souveraine. De même, il s’interroge sur les aspects liés aux élargissements futurs. Ne risquerait-on pas de voir apparaître une Europe à minima c'est-à-dire une Europe où les décisions seraient prises en tenant compte du plus petit commun dénominateur ? Car si de nouveaux Etats membres sont intégrés à l’Union, une paralysie des institutions est à prévoir.
Ulrike Guérot intervient alors pour rappeler que l’Europe doit être grande et politique. En tant qu’allemande, elle souligne que les Français sont trop souvent préoccupés par des débats franco-français ; le débat autour de l’harmonisation fiscale en est l’exemple-type.
Ensuite, elle insiste pour rappeler que les interrogations face au problème des élargissements sont fallacieuses. La France et la Pologne n’ont pas à être opposées. Tous les Etats ont gagné avec l’élargissement. Mais il s’agit d’un gain collectif qui se mesure à l’échelle de l’Union prise comme un tout. Un gain collectif ne peut pas être jugé à l’aune des gains ou perte des Etats pris individuellement.
Madame Guérot voit l’Europe comme un projet ouvert pour l’avenir (intégration des Etats des Balkans et de l’Ukraine).
Elle conclut son intervention par une phrase qui suscite de très vifs applaudissements dans l’assistance (NDR) :
« Ce n’est pas en se refermant qu’on résoudra les problèmes »
Christian Poncelet lui rétorque qu’il faut faire attention aux créations d’illusions. Il compare la situation de deux Etats : la France est en déficit alors que l’Allemagne est en excédent.
Noëlle Lenoir affirme qu’il ne faut pas projeter les modèles nationaux à l’échelle européenne (NDR j’applaudis à deux mains !).
Revenant sur le pacte de stabilité et de croissance, elle insiste sur les deux points suivants :
- Quand l’harmonisation gêne, les politiques n’en veulent pas,
- La politique monétaire commune vient de prouver son efficacité lors de la crise des subprimes.
S’agissant de la démocratie, Madame Lenoir exprime deux idées :
- Doit-on construire son identité en considérant les uns par rapport aux autres ?
- Doit-on penser son identité en opposant les uns contre les autres ?
Elle donne une liste des différents points qui sont essentiels à ses yeux pour avancer dans la construction européenne :
- Une nécessité d’avoir une éducation et une formation européenne,
- Augmenter les pouvoirs du Parlement européen,
- Appliquer à la lettre la Charte des droits fondamentaux,
- Personnaliser le pouvoir, notamment pour tous les aspects de politique étrangère,
- Ne pas soumettre les questions relatives aux élargissements à référendum.
Ulrike Guérot donne ensuite une analyse comparative des politiques de la France et de l’Allemagne :
- Le traité de Maastricht en matière économique est un succès allemand,
- Le Traité de Nice en matière politique est un fiasco pour les Français.
Elle prévient d’ores et déjà que le projet français pour la présidence de l’Union qui débute le 1er juillet prochain est essentiel. (NDR j’acquiesce !)
Jean-Noël Janneney récuse les propos qu’Ulrike Guérot a tenus sur la question du référendum en matière d’élargissement. Selon lui, les peuples ont le droit d’exprimer leur avis.
Ensuite, il revient sur le thème des frontières en se demandant quels sont les critères à retenir (ethniques, politiques…) pour savoir où va s’arrêter l’Europe.
L’historien suggère de songer à inventer de nouvelles formes d’accords entre l’Union et les Etats tiers.
Marielle de Sarnez s’exprime à son tour sur le thème des frontières. Elle estime que celles-ci sont nécessaires pour assurer la stabilité.
Ensuite elle ironise sur le fait que la France est une grande donneuse de leçons à l’extérieur mais pas à l’intérieur de ses frontières :
- En matière de déficits publics qui sont la conséquence des mauvaises gestions antérieures
- Face au problème des délocalisations
Elle développe ensuite un argumentaire très intéressant sur la notion de croissance qualitative et durable (exemple donné du coût des transports des produits provenant de loin).
Ensuite elle attire l’attention sur quelques points :
- L’euro existe, mais il n’y a pas de politique économique commune (notamment en matière d’emprunts, et de ferroutages)
- En matière de défense, Marielle de Sarnez s’interroge sur les velléités de la France à vouloir réintégrer le commandement intégré de l’OTAN. Selon elle, s’il doit y avoir une défense commune européenne, elle devra être nécessairement indépendante.
Pour conclure son intervention, la Vice-présidente du MoDem rappelle que le monde a besoin de l’Europe.
Laurent Fabius indique que pour peser, l’Europe doit avoir des moyens (actuellement ils sont de l’ordre de 1%).
Si une harmonisation fiscale ne se fait pas, l’Europe n’aura pas de moyens.
Il exprime ses points de désaccords avec Nicolas Sarkozy sur la nature des relations du couple franco-allemand. Quand les Français et les Allemands sont d’accord, l’Europe avance.
A propos de l’euro, il se souvient (NDR Laurent Fabius était ministre alors) qu’au moment des négociations entre François Mitterrand, Helmut Kohl et Jacques Delors, il avait été convenu qu’un point d’étape serait réalisé au bout de dix ans. Il se souvient aussi que l’euro serait associé à une politique coordonnée en matière économique.
Laurent Fabius avance l’idée de la fusion des armées française et allemande qui serait en soi un symbole fort (NDR à creuser, mais effectivement…).
Ulrike Guérot estime que l’harmonisation proviendra à terme des marchés. Elle imagine une Europe de demain qui sera capable de parler d’une seule voix en matière de politique étrangère (Afghanistan).
FOG rappelle la célèbre formule de Walter Hallstein (NDR Premier président de la Commission européenne de 1958 à 1967) : « L’Europe est comme une bicyclette, elle doit rester en mouvement sinon elle chute ».
Le journaliste évoque aussi le dossier du projet « Euro-Méditerranée » qui fera l’objet d’une prochaine actualité.
A ce propos, Benjamin Stora relève la concomitance de la présidence française de l’Union et du sommet de l’Euro-Méditerranée dans la première quinzaine de juillet.
L’historien exprime ses doutes face aux problèmes que poserait la conception d’un espace méditerranéen d’échanges alors même qu’une des parties a adopté un système de frontières fermées (espace Schengen de l’Union).
Fin de la retranscription du débat
En guise de conclusion, je vous livre quelques remarques, impressions et idées.
J’ai assuré le plus fidèlement (l’est-on jamais ?) la retranscription des échanges verbaux avec toutes les contraintes dues à l’exercice. Je suis toutefois intervenu ponctuellement çà et là pour donner mon point de vue qui apparaît sous la forme de : (NDR…)
Globalement, je fus très satisfait d’avoir assisté à un débat d’aussi haute tenue. J’y ai beaucoup appris en confrontant mes idées à celles des autres.
Les échanges de points de vue furent parfois vifs ; je retiens les échanges entre Madame Guérot et Monsieur Poncelet qui ont déclenché l’hilarité dans l’hémicycle.
Au niveau de l’éloquence, je le concède, Chapeau bas à Monsieur Fabius, c’est un as du débat (et quel humour !). Je le revois énoncer ses arguments à quatre mètres à vol d’oiseau de moi (l’Hémicycle du Sénat est en effet très petit) et moi qui secouais la tête en souriant pour marquer mon désaccord.
A l’applaudimètre, Marielle de Sarnez a incontestablement remporté la palme. C’est toujours subjectif, mais je pense que les idées du Mouvement Démocrate au sujet de l’Europe sont en pointe.
Un seul regret, j’aurais dû prendre la parole. Perrine Tarneaud m’avait signifié son accord. Un huissier (classe le smoking et la chaîne !) est resté jusqu’à la fin du débat à côté de moi avec un micro.
Malheureusement c’était sans compter la présence de ce cabotin de FOG qui s’est arrogé de vastes plages de paroles, pour nous en mettre plein la vue !!! Insupportable…
Ce que je voulais dire ? Hé ! Hé ! J’en ai fait part à Marielle en off, elle serait d’accord sur le principe de mon action ! Vous verrez, si nous y arrivons, ça pourrait peut-être bien en décoiffer un ! ;-)
@micalement,
Thierry P.

Ben – Marielle – Thierry
Merci Thierry, pour ce compte-rendu détaillé.
Mais je te préviens, pour me décoiffer, il faut désormais une tempête !
A+
BGR : MoDem du Pays Basque (64)

Vivons la MoDem attitude :
être capable de dire oui quand les décisions sont justes, vont dans la bonne direction
être capable de dire non et de se battre quand elles menacent d'être injustes ou d'aller dans la mauvaise direction
Publié le 13 juin 2008
à 06:30
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Bonjour à toutes et tous,
Et voilà ! Merci à toi BGR pour m'avoir déroulé un tapis rouge en acceptant d'héberger ce compte rendu.
Notre engagement de Démocrates pour l'Europe est sans faille. Ces échanges au Sénat m'auront éclairé sur les différents enjeux (défis ?) auxquels nous sommes confrontés.
Déficit démocratique, association des peuples à la dynamique de construction de l'Union, rôle de l'Europe dans un monde secoué par des crises (environnement, solidarité avec le sud...), quelle Europe repenser pour demain... Je suis confiant dans la mesure où le MoDem porte le projet d'espoir d'une Europe des peuples, des citoyens, une Europe que nous appelons de tous nos voeux.
@micalement
Thierry P.
Ecrit par : Thierry P. | 13 juin 2008
Merci à Thierry pour ce compte-rendu fidèle à ce qui a été débattu à l'émission.
Je regrette également qu'il n'ait pas pu prendre la parole. Mon petit doigt me dit qu'il avait des choses très intéressantes à dire. Tout vient à point qui sait attendre...
Merci aussi à BGR d'avoir pour un temps "hébergé" les propos de Thierry, sur son blog.
Ecrit par : persévérante | 13 juin 2008
@ Persévérante
Merci de "valider" ainsi mon CR :-)))
Ton nom est de bon aloi ! Il nous en faudra de la persévérance & de la constance pour faire passer notre message.
@mitiés
Thierry
Ecrit par : Thierry P. | 13 juin 2008
Chapeau à Thierry pour ce gros boulot!
Ulrike Guérot se fout le doigt dans l'oeil jusqu'au coude en ce que:
- si ce n’est effectivement "pas en se refermant qu’on résoudra les problèmes", ce n'est non pas plus en s'étendant sans cesse, sans travailler sur le sens de l'entreprise commune, que l'on résoudra quoi que ce soit (je prône pour ma part la primauté du qualitatif sur le quantitatif);
- son avis selon lequel "l’harmonisation proviendra à terme des marchés" est parfaitement emblématique d'une pensée libérale (est-ce la main invisible de ces mêmes marchés qui va faire le taff?) qui fait peur aux citoyens européens et les fait se détourner de l'Union. A tort ou à raison, mais l'effet est bien là, et c'est faire preuve de bien peu de pédagogie que de présenter les choses de cette façon...
L'échec irlandais vient rappeler la nécessité de redémarrer sur de nouvelles bases, quitte à procéder par différents niveaux d'intégration, au-delà d'un socle commun qui serait un réaliste plus petit commun dénominateur, mais qui n'empêcherait pas les plus volontaires de se rapprocher du fédéralisme. Et tout cela en expliquant les choses au citoyen, et en revoyant les "techno-concepts" à la baisse.
Bref... A+!
Pholcidae
Ecrit par : pholcidae | 13 juin 2008
@ Pholcidae
Je partage les grandes lignes de ton argumentaire l'Araignée, mais conçois aussi de vives inquiétudes face à une Europe qui se déclinerait à la carte ! À 27, les configurations multiples ont des chances de rendre de moins en moins lisible ce qui a fait la singularité du projet de construction européenne. Je crains que nous y perdions l',adhésion des peuples déroutés (?) par la techno-structure que toutes ces configurations engendreraient. Mais gardons espoir ! Les politiques vont se réveiller !
Ecrit par : Thierry P. | 13 juin 2008
Moi non plus je ne pense pas qu'une Europe à la carte soit une solution solide et durable.
Mais je crois que l'Europe a besoin d'un nouveau souffle qui ne saura naître, ni des négociations interminables et souvent stériles de ces dernières années, ni du déficit croissant de démocratie de ces derniers mois. Je pense qu'un nouveau noyau européen peut se former à l'intérieur de l'Union, plus soudé, plus volontaire, plus démocrate et fonctionnant précisément avec des règles communes.
Pourquoi pas une fédération des six membres fondateurs ?
- Avec une Constitution simple, claire et démocratique
- Avec une organisation fédérale et régionale
Les autres pays-membres de l'Union auraient évidemment vocation à rejoindre progressivement cette fédération...
Je sais que cette solution est complexe et difficile.
Je sais que les obstacles seront innombrables.
Je sais que ce projet nécessite aussi que nous ayons deux ou trois personnages exceptionnels.
Mais cette "Europa" n'est-elle pas la voie ou la voix qui concrétiserait le rêve européen ?
Ecrit par : BGR | 13 juin 2008
@ BGR & Pholcidae
Sur le principe du "noyau renforcé", je le concède, vous auriez raison comme force d'impulsion d'un nouvel élan.
Un peu à l'instar du BENELUX qui précéda la CEE.
Des états peuvent être en pointe. Je raisonne pour ma part en terme de maison commune à 27.
Suggestion à BGR ? Tu pourrais mettre en ligne les conclusions de la conférence de Laaken (piqûre de rappel), car le constat alors posé reste globalement d'actualité ! Et on en débattra !
@mitiés
Ecrit par : Thierry P. | 13 juin 2008
Le choix ne se résume pas à une Europe-marché libérale et une Europe à la carte. J'aurais même plutôt tendance à croire que la seconde est issue de la première.
Ce qu'il nous faut, c'est réellement comprendre que l'Europe n'est tout simplement pas assez politique. Certes, elle traite de *problèmes* politiques : mais de façon scientifique, et sans aucun aspect médiatique.
De là, que l'on ne s'étonne pas que les citoyens n'y voient plus aucun enjeu. Lorsque les hommes politiques ou les défenseurs de l'Union (moi inclus) ont invoqué le "grand rêve européen" pour essayer de redorer le blason continental, ils ont fait fausse route. Ce que les citoyens attendent, c'est tout simplement que l'Europe finisse par servir à quelque chose. Voilà selon moi, l'un des trois ressorts de la crise de fond que nous vivons (en plus, bien sûr, de l'illisibilité des institutions, et du déficit d'information).
La solution réside donc, comme le MoDem le propose, dans la politisation croissante de l'UE. C'est-à-dire, quitte à faire polémique, rapprocher l'Europe de ses citoyens. Il est tout de même incroyable que l'on parle de "La commission" au lieu de "La politique de Barroso"!!!! Nan?
Et pour moi, cette solution ne pourra se construire que dans le cadre d'un noyau Européen resserré. Je me plante peut-être, mais j'ai tendance à croire que ce genre de projets très politiques ne peut pas se faire à 27. Dès qu'on parle de "social", de choix économique ou d'éducation, ces hérissons étatiques (devrais-je dire statiques?) déploient leurs épines. Moins nous serons nombreux, plus la recherche du consensus sera aisée, en particulier entre les pays de l'ouest, plus proches les un des autres historiquement. Cela n'empêche pas ensuite d'ouvrir "ce noyau" aux autres.
Voilà, j'ai tout simplement envie que l'on comprenne la démarche historique : quelques uns se mettent d'accord et définissent une ligne. Si cela fonctionne, ensuite, et ensuite seulement, on élargit...
Est-ce utopique? Est-ce contraire à l'esprit de l'Union?
J'essaye juste d'être pragmatique.
Ben, un Grenoblois en visite au Pays Basque!
Ecrit par : Ben | 14 juin 2008
@ Ben
Je suis d'accord avec toi si on considère la Politique à son sens premier : la vie de la cité !
Je souhaiterais rappeler Jean Monnet qui a dit en substance que la finalité de la construction européenne était non point la recherche de la préservation de l'équilibre entre les intérêts nationaux, mais la fusion des intérêts des peuples européens.
Un noyau renforcé d'États pourrait être à l'avant-garde d'une Europe plus proche des préoccupations citoyens. Question : Sans audace, on n'avance plus à 27 ?
Ecrit par : Thierry P. | 14 juin 2008
@ Ben (2)
J'apporterai toutefois une nuance à ton assertion "Ce que les citoyens attendent, c'est tout simplement que l'Europe finisse par servir à quelque chose."
Mais l'Europe sert à quelque chose ! Le problème est cette grande incapacité à communiquer simplement ! Près de 70% de notre droit interne est, à ma connaissance, peu ou prou dérivé du droit communautaire. Mais le citoyen l'ignore parce-que cela fonctionne à peu près bien !
Ecrit par : Thierry P. | 14 juin 2008
C'est aussi - en partie - ce que j'ai dit en parlant, très rapidement j'avoue, du déficit d'information.
Tout est lié. Le déficit démocratique tant invoqué contre l'Union est moins le fait du contenu que de la forme.
Cela dit, je reste persuadé qu'il faut plus de démocratie directe et plus proche des attentes. Somme toute, j'ai tendance à croire que l'actuelle lobbycratie n'est ni plus ni moins qu'une compensation de l'absence des citoyens. De ceux qui votent, et non ceux qui influencent.
Qui oserait laisser l'Europe dans son coin si elle parlait l'éducation?? Et puis d'ailleurs, comment arriver à une meilleure information si ce n'est en augmentant les enjeux?! On ne peut tout de même pas imposer un temps de parole sur l'Europe au JT!!!
Ecrit par : Ben | 14 juin 2008
@ Ben
"Qui oserait laisser l'Europe dans son coin si elle parlait l'éducation ??"
Certes !
Et l'éducation à l'Europe ?
Où en est-on ?
"On ne peut tout de même pas imposer un temps de parole sur l'Europe au JT!!"
Certes non !
Mais diffuser une lettre d'information (lisible !) à caractère pédagogique pour les citoyens qui souhaiteraient en savoir plus, pourquoi pas ?
Ecrit par : Thierry P. | 14 juin 2008
Les commentaires sont fermés.