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02 juin 2008

Elargir l'Union européenne

Bonjour,

Dans le cadre d'une expérimentation méthodologique dont vous entendrez probablement parler au cours des prochains mois - enfin je l'espère - j'ai donné mon avis sur l'élargissement de l'Union européenne.

Élargir l’Union Européenne : pourquoi ?

La paix et la prospérité sont les deux principales raisons qui ont guidé les fondateurs de l’Union européenne (UE). Les mêmes espoirs motivent les candidats à l’adhésion. Ainsi, il ne semble pas y avoir de limites à l’élargissement. Chaque adhésion renforce la paix et la prospérité pour l’Union et pour les nouveaux adhérents.

Mais la paix qui règne au sein de l’Union européenne depuis plus de 60 ans éloigne les craintes d’un conflit guerrier. Le citoyen pense désormais que la paix est assurée, garantie, sans mesurer l’importance de l’Union dans cette situation de stabilité.

Mais la prospérité n’est plus une constante dans certaines régions et pour certaines catégories de la population. Les crises économiques successives, les excès de la mondialisation et du néolibéralisme, ont entamé la confiance dans l’aptitude de l’Europe à améliorer le quotidien des Européens. L’Euro est suspecté, à tort ou à raison, d’avoir pesé sur le pouvoir d’achat. La monnaie européenne, souvent présentée comme une panacée, a sensiblement augmenté l’euroscepticisme.

L’élargissement de l’Europe doit continuer pour accroître la paix et la prospérité de sa population. Mais il est indispensable de faire un travail d’explication, de clarification et de pédagogie pour que chaque citoyen européen comprenne la nécessité d’une Europe stable et puissante qui pèse sur le destin du monde.

Élargir : qui ?

  • Certains pays d’Europe sont officiellement candidats : Croatie, Macédoine et Turquie.
  • D’autres ne le sont pas ou plus : Norvège, Islande et Suisse.
  • D’autres sont dans une telle situation d’instabilité que la question semble prématurée : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie et Kosovo.

Le traité de Rome indique que tout état européen peut demander à devenir membre, mais il ne précise pas quels sont ces états européens.

En 2002, le Conseil européen a mis en place une politique de nouveau voisinage avec les pays frontaliers de l’Union : Russie, Ukraine, Biélorussie et Moldavie et avec les pays du sud de la Méditerranée. Cette politique vise à assurer des relations étroites et pacifiques, fondées sur la coopération.

Le débat sur l’adhésion de la Turquie montre que les limites de l’élargissement sont atteintes.

Élargir : comment ?

Les techniques institutionnelles mises en place pour l’élargissement géographique de l’Union européenne sont confortées par 50 ans de pratique et de succès. Elles peuvent sans doute être améliorées, mais elles ont fait la preuve de leur efficacité.

L’élargissement de l’Union européenne a besoin d’une autre dimension qui vise à élargir l’Europe, non par un processus géographique, mais par un processus fonctionnel. Il va sans dire que cet élargissement fonctionnel des compétences et des domaines d’intervention est infiniment plus difficile à réaliser à 27 qu’il ne l’aurait été à 6. C’est peut-être la plus grande erreur historique dans la construction européenne.

Pourquoi ne pas lancer cet élargissement fonctionnel de l’Union européenne, en réunissant plus étroitement quelques états-membres ?

A+

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Commentaires

@ BGR
Pour l'expérimentation méthodologique ;-)

S'agissant de tes 3 interrogations, je reprends un élément de la troisième.
Dans le cadre des futurs élargissements à d'autres Etats quel distingo entre processus géographique et processus fonctionnel adopter.
Tu le soulignes, à 27, le fonctionnement n'est plus le même qu'à 6.
La question sur laquelle il conviendra de porter la réflexion est de savoir vers quel type d'Europe doit-on tendre.
Les coopérations renforcées peuvent être une solution... mais quel sens donner à une Union qui fonctionnerait "à la carte" ?

Ecrit par : Thierry P. | 03 juin 2008

L'élargissement géographique a été rapide et copieux au cours des dernières années, au point que beaucoup pensent qu'il faut effectuer une pose.

Par élargissement fonctionnel - le mot n'est peut-être pas le plus approprié - je pense à un élargissement des compétences et des domaines d’intervention. Il faut effectivemment faire porter la réflexion sur le type d'Europe que nous souhaitons. Pour ma part, j'aspire à une Europe plus politique et plus démocratique, en complément de l'Europe économique.

Je ne pense pas qu'une Europe à la carte soit la meilleure solution. J'ai l'impression que le traité de Lisbonne accroit cette tendance sur certains points. Mais je me pose la question de savoir si la réunion de quelques pays qui souhaitent une union plus étroite - pourquoi pas fédérale ? - ne serait pas de nature à relancer la construction européenne.

François Bayrou nous a dit la semaine dernière : "il faut repenser l'Europe"...

Ecrit par : BGR | 03 juin 2008

Vers une intégration renforcée, serait en effet une piste... Mais je pense que certains Etats ne voudraient pas suivre ?
"Repenser l'Europe", et surtout lui redonner de l'élan... et y associer les peuples...
Je ne retrouve presque plus nulle part l'esprit de Laaken.

Ecrit par : Thierry P. | 03 juin 2008

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