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23 mars 2008
A propos du Tibet
Bonjour,
Dans le monde entier, les dirigeants politiques prennent position sur la conduite de la Chine à propos des événements récents au Tibet. Deux exceptions notoires : Nicolas Sarkozy et François Bayrou ! Un article du Nouvel Obs donne quelques explications sur le silence assourdissant de Nicolas Sarkozy sur ce dossier :
Tibet : les vraies raisons du silence de Sarkozy
Pierre Moscovici a raison : le silence de Nicolas Sarkozy sur les évènements du Tibet est assourdissant.
On se souvient des envolées du candidat Sarkozy sur la défense des droits de l'homme, lors de la campagne électorale (et même le soir de son élection). Voici, par exemple, ce qu'il disait, il y a exactement un an, à propos de la realpolitik, dans la revue américaine National Interest : "La recherche d’un statu quo n’est pas une politique, c’est un abandon. (...) La recherche à tout prix de la stabilité conduit à fermer les yeux sur la cruauté et l’injustice".
Et voilà qu'aujourd'hui, alors que la Chine réprime dans le sang une rébellion au Tibet et qu'elle menace "d'écraser" cette révolte, l'Elysée se tait. Silence d'autant plus assourdissant que d'autres capitales occidentales ont, elles, élevé la voix - pas très fort, il est vrai.
Pourquoi ce mutisme français ?
Il y a plusieurs raisons, les évidentes et celles qui le sont moins. La France, si attachée à son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, a besoin de la Chine dans cette enceinte sur plusieurs sujets :
Le Darfour, d'abord, dont l'équipe Sarkozy s'est faite la championne et qui ne peut pas entreprendre grand-chose sur le sujet sans le soutien de Pékin. Le Liban, "protectorat" français, où la Chine a accepté, à la demande de Paris, d'envoyer quelques casques bleus. L'Iran, contre lequel la France et les Etats-Unis ont réussi, il y a quelques semaines, à faire voter une nouvelle vague de sanctions avec l'appui de Pékin et qui ne veulent absolument pas que ce fragile consensus se disloque. L'élargissement de ce Conseil, autre cheval de bataille de la diplomatie française, qui ne peut se faire si la Chine oppose son veto.Outre la diplomatie, il y a aussi - et peut-être surtout - des histoires de gros sous et notamment le nucléaire, encore et toujours le nucléaire. En novembre dernier, lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Pékin, Anne Lauvergeon, la présidente d'Areva, a signé un contrat faramineux : la vente de deux réacteurs de deuxième génération EPR à la Chine, contrat considéré comme le plus important de l'histoire du nucléaire civil. Et, dans la foulée, Areva est devenue partenaire officiel des Jeux Paralympiques de Pékin. Mais l'encre n'est pas encore sèche. Si Paris se montrait un peu trop critique, les autorités chinoises pourraient bien reprendre leur signature (d'autant que les Chinois traînent déjà les pieds à cause d'un problème de transfert de technologie).
Je souhaite vivement entendre les réactions de François Bayrou sur ce sujet pour savoir quelle part est accordée à l'économie et aux intérêts financiers et quelle part est accordée à l'humanisme et aux droits de l'homme. Il est un temps où il faut exprimer ses choix. Le mien est simple : rien ne peut justifier l'atteinte aux droits de l'homme.
A+
BGR : MoDem du Pays Basque (64)

Vivons la MoDem attitude :
être capable de dire oui quand les décisions sont justes, vont dans la bonne direction
être capable de dire non et de se battre quand elles menacent d'être injustes ou d'aller dans la mauvaise direction
21:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humanisme, droits de l'homme, nicolas sarkozy, françois bayrou


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Commentaires
Le Tibet a de epuis longtemps bénéficié d'un gros capital sympathie auprès des citoyens du monde.
Les médias et même les autorités chinoises ont tendance à privilégier un conflit Tibétains-Chinois. Il ne faut pas tomber dans ce piège. En Chine en plus des Tibétains, d'autres individus et populations subissent le joug de Pékin. LA crainte de Pékin est là. La peur d'une généralisation de la contestation. Les autorités la jouent conflit éthnique et vont chercher à réprimer pour l'exemple comme l'a fait Poutine avec la Tchetchénie. Aujourd'hui même Sarkozy complimente Poutine. C'est la real politik.
Ecrit par : houhou | 23 mars 2008
Le respect des droits de l'homme doit faire partie des valeurs non négociables.
Combien de monstruosités ont été tolérées au nom de cette tristement célèbre "real politik" ?
Ecrit par : BGR | 25 mars 2008
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